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Politique Nationale de l'Aménagement du Territoire PNAT (suite)



PREMIERE PARTIE : CADRAGE GENERAL

I- Les acquis historiques 

Madagascar s’est récemment engagé dans une dynamique visant à prendre en main le développement territorial fondé sur un double processus de décentralisation et de déconcentration, renforcé par la mise en place des régions et l’élaboration du Madagascar Action Plan (MAP). Cette politique qui s'inscrit dans la continuité des différentes actions menées par les pouvoirs publics depuis l’Indépendance, vise aujourd'hui particulièrement l’organisation et l’aménagement du territoire. 

Les grandes étapes de cette politique peuvent ainsi être résumées : 

De l’Indépendance à 1971 

Au cours de cette période, les efforts d’organisation du territoire et les actions réalisées ont marqué profondément le territoire national. Il s'agit d'opérations de mise en valeur à travers l’exploitation des grands périmètres et des grands aménagements agricoles, ayant principalement pour objectifs la sécurité alimentaire, l'exportation et la fourniture d'intrants aux industries naissantes. 

Cet effort a été accompagné d’une politique orientée sur la réalisation de grands travaux d’infrastructures, qui a bénéficié d'importantes ressources extérieures. Mais dans le cadre du Plan Quinquennal 1964–1968, l’Aménagement du Territoire était limité à la gestion des villes au moyen de plans d’urbanisme et de la réalisation de quelques projets de développement d’aménagement régional à vocation essentiellement agricole. 

La période 1972 à 1983 

La Charte de la Révolution Socialiste malgache suivie d’une planification socialiste 1976-2000 a été orientée vers un développement autocentré et autosuffisant s’appuyant sur les collectivités territoriales décentralisées, les Vondrom-bahoaka Itsinjaram-Pahefana (VIP). 

L’autosuffisance alimentaire a été une des finalités de l’agriculture, alors que l’industrialisation affichait un objectif de mise en valeur des potentialités locales.

Les nationalisations et l'effort d'investissements qui s'en est suivi étaient la traduction de cette politique qui a permis grâce notamment à une normalisation de l’équipement communautaire par niveau local, d'atténuer relativement les disparités territoriales en matière d’accessibilité aux services de base. 

Mais la gestion publique défaillante des secteurs clés et les mauvaises performances industrielles ont entamé le développement cohérent du territoire et contribuer à approfondir les disparités régionales et à affaiblir les fondements de l’indépendance économique. 

La période 1984 à 1990 

L'échec de la politique antérieure caractérisée notamment par un saupoudrage de l’investissement public a conduit, en 1984, à la mise en place d’un programme d’ajustement structurel fondé sur des mesures purement macro-économiques et sectorielles telles que : 

  • La réhabilitation et la rentabilisation du capital existant ; 

  • L’augmentation de la production et des exportations ; 

  • La correction des dysfonctionnements de l’économie pour en augmenter l’efficacité ; 

  • Le rétablissement des grands équilibres financiers et de la capacité de financement ; 

  • La libéralisation de l’ensemble des secteurs nationalisés et la privatisation des entreprises d’Etat. 

La période 1991 à 2000 

Cette période, marquée par le désengagement financier de l’Etat, à partir de la fin des années 1980, s'est caractérisée par une série de mauvaises performances économiques et une réduction des budgets affectés à la réalisation des infrastructures structurantes de base, accentuée par les effets de la dévaluation monétaire opérée en 1995. 

Dans ce cadre la réouverture du commerce vers l’extérieur au début des années 90 a été encouragée notamment par la mise en place de zones franches industrielles. 

Plusieurs documents cadres (Plan National des Transports, le Plan d'Action Environnementale (PAE), Politique Nationale de Population (PNP)) ont été mis en place et accompagnés de la création de nouvelles institutions pour leur mise en œuvre. 

La période après 2000 

L’économie de Madagascar a émergé des effets de la crise de 2002 enregistrant un sursaut significatif dont les résultats ont été fortement et négativement influencés par les effets des cyclones (Elita et Gafilo) et ceux liés à la hausse du prix de pétrole sur le marché international. 

Cependant, les efforts entrepris pour la relance de la production, ont continué à porter leurs fruits et la croissance soutenue, par les investissements tant publics que privés a permis une évolution remarquable du taux d’investissement qui est passé de 16,2% du PIB en 2003 à 22,4% en 2004. 

Plusieurs secteurs ont renoué avec la croissance grâce aux mesures arrêtées dont notamment : 

  • La mise en œuvre des programmes de développement rural, instauration du concours agricole ; 

  • La suppression des taxes sur les engrais, intrants et équipements agricoles ; 

  • L'adoption du code minier ; 

  • La refonte des textes du régime des zones franches en concertation avec le groupement des entreprises franches et les partenaires ;

  • L'étude de mise en place des observatoires des zones franches. 

 

Ce bref rappel des différentes phases parcourues dans le développement, indique également un long processus de maturation et de mise en place des fondements d'une politique nationale de l'aménagement du territoire qu'il importe aujourd'hui d'engager sur de nouvelles bases au regard de l'évolution du contexte politique, socioéconomique et des changements en cours dans le pays.

       



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